«Je n’avais pas le choix» –Philippe Pichet

Devant la foulée d'informations transmises par la Sûreté du Québec, le chef du SPVM Philippe Pichet estime qu’il n’avait pas le choix de suspendre temporairement son directeur adjoint Bernard Lamothe.

«La Sûreté du Québec m’a appelé ce matin à 11 h pour m’informer qu’elle avait des dossiers qui concernaient M. Lamothe, a souligné M. Pichet en fin d’après-midi. Je n’irai pas les détails, mais ça m’a amené à prendre la décision de le relever de ses fonctions le temps qu’on fasse la lumière sur ce dossier.»

Bernard Lamothe, 55 ans, était responsable de la Division stratégique du SPVM. Issu des enquêtes criminelles, il est le premier cadre de l’état-major à écoper de la crise dans laquelle le corps de police montréalais est plongé depuis plus d’une semaine.

Il sera remplacé par Simonetta Barth, qui était son adjointe.

«Ce n’est pas quelque chose de banal, c’est assez exceptionnel, a ajouté M. Pichet au sujet de la suspension d’un directeur adjoint, qui est le grade le plus élevé à la police de Montréal mis à part celui du directeur. Mais je n’avais pas le choix.»

Cas unique

Pour le moment, M. Pichet croit qu’aucun autre membre de l’état-major n’est en danger de subir le même sort.

«C’est la SQ qui mène l’enquête, a-t-il dit. Je suis en lien avec eux et si je reçois des informations qui m’amènent à prendre des actions, je vais le faire. Mais au moment où on se parle, je n’ai reçu aucune information sur qui que ce soit.»

Plus tôt aujourd’hui, la Coalition Avenir Québec a réclamé la suspension du chef Pichet, le temps que soit menée l'enquête administrative. Pour sa part, le ministre Martin Coiteux a souligné vouloir «faire toute la lumière» avant de réitérer ou non sans confiance envers son chef de police.

«Je vais laisser le soin à M. Coiteux et aux autres partis politiques de faire leur travail, a-t-il expliqué. Malgré tout ce qui passe, je continue de garder les mains sur mes dossiers et je me concentre sur l’élaboration du plan d’action qu’on m’a demandé.»

Aucun lien

Entre 2013 et 2015, M. Lamothe était responsable du Service des enquêtes spécialisées, étroitement lié à la controversée Division des affaires internes qui est elle-même éclaboussée par des allégations de fabrication de preuve depuis les révélations de quatre ex-policiers et officiers du SPVM de l’émission J.E. et de notre Bureau d’enquête, le 21 février.

M. Pichet a toutefois refusé de dire si ces allégations ou l’histoire d’ingérence de certains cadres de l’état-major dans une enquête criminelle rapportée hier par le président de la Fraternité des policiers de Montréal, Yves Francoeur, sur les ondes du 98,5 FM, avaient un lien quelconque avec la suspension de Bernard Lamothe.

«Je ne pourrais pas infirmer ou confirmer ce que vous me dites. Je vais m’arrêter là parce qu’il y a une enquête présentement», s’est-il contenté de dire.

Cette suspension tombe également le jour où Le Journal rapportait qu’un influent membre de la mafia, enregistré à son insu par les forces de l’ordre dans une enquête d'envergure, affirmait que des policiers du SPVM étaient payés par le crime organisé italien.

Bernard Lamothe compte près de 29 années de métier dans la police. Il était d’ailleurs sur les rangs dans la course à la succession de l’ex-directeur Marc Parent, que M. Pichet a remportée en août 2015.

Il était possiblement considéré comme le cadre de l’état-major du SPVM détenant le plus d’expérience dans le domaine des enquêtes, ayant longtemps dirigé la Division de lutte au crime organisé de la police montréalaise.

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