Homicide: la Couronne en appel pour faire condamner une naturopathe

Une juge qui a acquitté une naturopathe de l’homicide involontaire d’un client malade a commis une «erreur fondamentale», croit la Couronne qui réclame maintenant une condamnation en faisant appel.

«En injectant un soluté par intraveineuse, il est prévisible que ça puisse causer des dommages. Il y a toujours un risque et c’est pour ça que le gouvernement a encadré cette pratique», a lancé Me Dennis Galiatsatos mercredi en Cour d’appel, à Montréal.

Plutôt que de réclamer un nouveau procès pour Mitra Javanmardi, une naturopathe montréalaise de 59 ans, il ne demande rien de moins qu’une condamnation pour homicide involontaire ou négligence criminelle pour un triste événement remontant à juin 2008.

À l’époque, un octogénaire s’était présenté dans les bureaux de Mme Javanmardi pour se faire injecter un soluté vitaminé par intraveineuse, même si cette pratique est interdite aux naturopathes au Québec.

Sauf que la fiole était contaminée par une bactérie mortelle, et le client de 84 ans, Roger Matern, est décédé le lendemain à l’hôpital.

«Les actes posés ne sont pas objectivement dangereux, elle avait pris les précautions d’usage, elle avait une formation, même si elle n’était pas autorisée (à procéder à une injection par intraveineuse) », a tranché la juge Louise Villemure en acquittant l’accusée en 2015.

Or, pour la Couronne, l’injection était non seulement illégale mais aussi dangereuse, et mérite au moins une condamnation pour négligence criminelle. D’autant plus que la naturopathe avait posé ce geste pendant des années, même si personne avant n’en était décédé.

«Quelqu’un peut conduire saoul pendant 15 ans sans causer d’accident, il n’empêche que ça reste un conducteur saoul», a imagé Me Galiatsatos.

Contestation

Sans surprise, les avocats de Mme Javanmardi ont pour leur part plaidé que la juge de première instance n’avait commis aucune erreur et que l’acquittement devait être maintenu.

Me Isabel Schurman a d’ailleurs rappelé que sa cliente avait toutes les formations pour procéder à des injections par intraveineuse, même si elle ne pouvait pas pratiquer au Québec.

L’avocate a d’ailleurs rappelé que le procès s’était étalé sur des années, ce qui avait laissé beaucoup de temps à la magistrate pour considérer chaque élément présenté en preuve.

La Cour d’appel a pris sa décision en délibéré. Mais d’ici le jugement, Mme Javanmardi devra revenir à la cour en mai, pour les plaidoiries sur la peine à lui imposer pour avoir brisé des conditions à l’époque où elle était encore accusée d’homicide involontaire.


Read More..

views : 218 | images : 1 | Bookmark and Share

Enter your comment below