Charest s’excuse... et nie avoir abusé de neuf skieuses

L’ex-entraîneur de ski Bertrand Charest s’est adressé pour la première fois à ses neuf victimes mardi. Il s’est excusé, mais a nié toutes les agressions sexuelles pour lesquelles il a été reconnu coupable.

Bertrand Charest s’est d’abord adressé aux victimes en nommant chacune d’entre elles.

« Je veux vous dire que du premier jour des accusations, j’ai absolument tout fait pour éviter un procès pour vous. Malheureusement sans succès, car j’aurais dû plaider coupable à des actes ou à des intentions que je n’avais pas commis. »

La voix nouée, en sanglotant, l’ancien entraîneur, aujourd’hui âgé de 52 ans, a insisté sur le fait qu’il était beaucoup plus jeune au moment des faits.

« Je réalise qu’à 25 ans, je n’avais pas la maturité ou tous les outils pour bien vous guider en passant 10 mois par année avec vous, loin de la maison. Malgré toutes mes tentatives de faire le bien autour de moi au cours de toutes ces années, je suis vraiment désolé de n’avoir pu soulager vos souffrances [sic]. Je n’ai jamais eu l’intention et la volonté consciente de vous blesser », a ajouté Charest, toujours ému.

Amoureux de ses victimes

C’était la première fois que Bertrand Charest prenait la parole depuis le début des procédures judiciaires.

En appel du verdict de culpabilité, il soutient toujours qu’il entretenait des relations amoureuses avec au moins trois de ses victimes.

« Dès 1998, j’ai compris que pour entraîner des athlètes de haut niveau afin de les amener aux Jeux olympiques, il faut des interventions musclées, froisser des sensibilités et être dur par moment, et que cet état de fait était complètement incompatible avec des relations amoureuses », a-t-il dit en regardant les personnes présentes dans la salle.

Quatre à six ans

L’avocat de Bertrand Charest, Antonio Cabral, propose une sentence de quatre à six ans de détention.

Ayant déjà purgé trois ans de détention préventive comptant pour quatre ans et deux mois, il se pourrait qu’il sorte de prison dès le mois de décembre si le juge décidait de lui imposer une peine de quatre ans comme le réclame son avocat.

Dans ses représentations, Me Cabral a mentionné comme facteur atténuant que son client n’avait commis aucun crime similaire entre la date de la dernière accusation (1998) et son arrestation en 2015, agissant en père de famille et en citoyen exemplaire.

Les rapports sexologiques réclamés par la cour révèlent que les risques de récidives de Charest sont faibles ou très faibles.

Il y a une semaine, la Couronne avait réclamé une peine de 12 ans pour Bertrand Charest.

Le juge rendra sa décision le 8 décembre.

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