Des commerces refusent de vendre des boissons énergisantes aux ados

MACAMIC | Les cinq commerces d’une petite ville d’Abitibi se sont entendus pour arrêter de vendre des boissons énergisantes aux jeunes de moins de 18 ans.

Le copropriétaire du Dépanneur 111, à Macamic, Tony Boudreau, n’en pouvait plus de voir des jeunes venir acheter de grosses canettes de boissons énergisantes dans son commerce.

Il s’est donc allié avec l’épicerie, le Petro-Canada et les deux restaurants pour que tous les commerces n’en vendent plus aux mineurs.

« C’était rendu fou. Les jeunes venaient le midi et se lançaient des défis. Un peu comme des concours de calage d’alcool, mais c’étaient des calages de boissons énergisantes. C’est dangereux pour la santé. Je ne voulais pas que ma fille de 12 ans puisse en acheter », a dit M. Boudreau.

Depuis hier, les jeunes de Macamic, une municipalité de près de 3000 habitants, n’ont donc plus d’endroits où se procurer des boissons énergisantes dans leur milieu.

Les commerçants sont prêts à perdre un peu de ventes afin de préserver la santé des jeunes de leur localité.

« La problématique n’est pas seulement à Macamic. Mais les jeunes peuvent difficilement partir et aller s’en acheter ailleurs sur l’heure du midi. Ça ne fera pas une si grosse différence sur notre chiffre d’affaires, mais ça peut en faire une grosse sur la santé des jeunes », a dit Carole Boutin, du Petro-Canada.

Gouvernement

Tony Boudreau aimerait que d’autres villes et le gouvernement du Québec emboîtent le pas et interdisent également la vente aux mineurs de ces boissons, considérées comme nocives pour la santé des adolescents.

Selon une étude de l’Institut national de santé publique, une consommation régulière de caféine contenue dans les boissons énergisantes peut entraîner des maux de tête, de la nervosité, de l’irritabilité, des tremblements, des troubles gastro-intestinaux, des palpitations cardiaques et de l’arythmie.

Selon la nutritionniste du Centre de santé de l’Abitibi-Témiscamingue Josée Coderre, une consommation rapide de ces boissons donne de l’énergie sur une courte période de temps, mais peut causer de la somnolence pour le reste de la journée, ce qui est à proscrire dans un contexte scolaire.

Excellente décision

Mme Coderre encourage l’initiative des commerçants de Macamic et aimerait aussi que ce soit implanté ailleurs. En Abitibi-Témiscamingue, 35 % des ados du secondaire admettent consommer des boissons énergisantes de une à trois fois par mois, alors que 2 % disent en consommer chaque jour.

« Les adolescents du secondaire ne devraient pas prendre plus d’un café par jour, alors qu’il peut y avoir la caféine de trois ou quatre cafés dans une seule canette de boisson énergisante », explique Mme Coderre.

Le ministère de la Santé n’a pas répondu aux appels du Journal hier.

views : 106 | images : 1 | Bookmark and Share

Enter your comment below